Une procédure de révision du PLU qui aura fallu attendre 10 ans
Il aura fallu attendre près de 10 ans après que la procédure de révision du Plan Local de l'Urbanisme (PLU) soit lancée, pour que la municipalité Joissains entame enfin (!) la nécessaire concertation relative à son élaboration.
Or, à voir le dispositif de concertation que Mme Joissains a fait adopter par sa majorité, il apparait de manière évidente que celle-ci est, une fois de plus, biaisée.
La mise en place d'ateliers citoyens est certes une démarche intéressante (même si nous avons dénoncé leur mode de désignation), mais elle ne saurait à elle seule répondre à l’impératif d’une
concertation large et efficace… L’existence de tels ateliers ne parvient pas à masquer l'évidente volonté de la municipalité de marginaliser les acteurs de la société civile aixoise.
Par ailleurs, la municipalité Joissains fait le choix de tenir à l'écart la commission extra-municipale qu'elle a pourtant elle-même créée et qui regroupe des représentants de CIQ, d'associations...
Nous ne pouvons donc pas nous satisfaire de cette concertation sans réelle ambition, si ce n’est celle de mettre en place une procédure peu contraignante et parfaitement sous contrôle.
De nombreux recours contre le projet de la clinique du Montaiguet
Un autre dossier important sur lequel la mairie semble refuser une véritable concertation est celui de l'épineuse question de la clinique du Montaiguet. Alors qu'une trentaine de recours existent contre ce projet qui suscite inquiétudes et protestations, l'enquête publique a été organisée en catimini en pleine période des fêtes de fin d'année. Deux jours devaient à l'origine y être consacrés : les 21 et 29 décembre. Comment ne pas voir derrière cela, la volonté d'éviter tout réel débat sur la question ?! Heureusement, se rendant compte que la ficelle était un peu grosse, Mme Joissains a prolongé jusqu'au 14 janvier l'enquête publique...
Une piétannisation décidée en urgence
La piétonnisation offre elle aussi son lot de controverses. Promise depuis 2001 par Mme Joissains, elle a été décidée en urgence fin mai, pour une concertation avec les CIQ et les associations en plein mois de juillet ! De plus, alors que Mme Joissains se gausse de faire de la piétonnisation le chantier majeur de son mandat, le mot n'apparaît même pas dans la délibération votée au dernier conseil municipal portant sur le sujet. Cette délibération se caractérise par ailleurs par son vide sidéral et son sens général, alors qu'elle est censée entériner une politique globale des déplacements en centreville.
D'ailleurs, nous estimons que la mairie aurait dû au préalable élaborer un Plan des Déplacements Urbains (PDU) avant de se lancer dans ce projet. Nous rappelons ici que le précédent PDU a été annulé par le TA de Marsdeille qui stigmatisait son manque de vision globale !
Déficit de démocratie
D'autres problèmes viennent étayer notre propos sur le déficit de démocratie dans notre ville. Le problème des forains est à ce sujet grandiloquent. Ces derniers sont sans cesse baladés d'un endroit à un autre de la ville au péril de leur activité déjà très précaire en elle-même. Dans chaque quartier, les problèmes de ce type ne manquent pas.
Dernier exemple en date, le déroutage de la ligne Aix en Bus n°1, qui ne passe plus désormais devant la cité St Eutrope mais la contourne. Ce changement d'itinéraire a entrainé la suppression de l'arrêt de bus se situant devant la cité. Or, cette suppression a pour conséquences d'obliger désormais de nombreuses personnes âgées à marcher plusieurs centaines de mètres pour prendre le bus. Une fois encore nous ne pouvons que regretter que les riverains n'aient pas été consultés au préalable !
Une démocratie participative inexistante
En 10 ans, la municipalité avait pourtant amplement le temps de mettre en place les divers dispositifs permettant la meilleure concertation possible. Depuis 2001, le vote d’un certain nombre de lois a contribué à faciliter la participation des citoyens à la vie locale, notamment celle du 27 février 2002 sur la démocratie participative.
Cette loi impose aux communes de 80 000 habitants et plus de mettre en place des conseils de quartier. La création de ces conseils était d'ailleurs l'un des axes forts du programme de notre liste «TOUS ENSEMBLE POUR AIX » lors de l'élection municipale partielle de juillet 2009. De nombreuses municipalités (Paris, Lyon, Dijon…) ont déjà mis en place ces conseils de quartier. Ces derniers sont composés des habitants des quartiers concernés mais aussi d’associations et de commerçants, permettant ainsi à l'ensemble des usagers des quartiers de se faire entendre. S'ils ne disposent pas d'un pouvoir décisionnel, la mairie doit, selon les termes de la loi, consulter les conseils sur l'ensemble des dossiers pouvant les concerner.
Il s'agit là d'un réel progrès pour la démocratie locale auquel la mairie d'Aix-en-Provence fait ostensiblement le choix de tourner le dos, privant ainsi au passage les citoyens d'une véritable concertation.
Bref, nous pouvons donc dire après cet exposé non exhaustif, que la ville d'Aix est victime non seulement d'un manque de vision globale que nous dénonçons avec force et vigueur depuis longtemps, mais aussi d'une absence totale de volonté d'associer les citoyens aux décisions qui ont pourtant de nombreuses répercussions sur leur qualité de vie. Nous ne pouvons donc que constater l'absence de démocratie locale dans notre ville aux détriments, non seulement des citoyens, mais également au détriment du développement de notre territoire.
Le groupe TEPA continuera donc à défendre sans relâche les intérêts des citoyens en s'opposant, mais aussi en proposant des pistes alternatives capables de répondre aux attentes et aspirations des Aixoises et des Aixois.